10,00 €
Éditeur :
GINKGO
Collection :
Lettres d'ailleurs
96
pages
Format :
13 X 21.5 cm
Façonnage :
carré/collé
Langue d'origine : Serbe (Roumanie)
Parution : 10 juin 2026
EAN :
9782846796330
ISBN :
978-2-84679-633-0
Une enfance au cieux
Dans Le Garçon de l’avenue des Martyrs, premier roman de l’auteur traduit en français (Ginkgo Éditeur, 2025), Milan Radin raconte sa fuite clandestine, à quinze ans, de la Roumanie grise et oppressante de Nicolae Ceaușescu vers la Yougoslavie puis l’Autriche, porte d’entrée d’un Occident où il n’est pas toujours facile de se faire accepter.
Nous le retrouvons ici, quelques années plus tôt, dans son quartier ouvrier de Timișoara, la grande ville du Banat où se côtoient Roumains, Allemands, Serbes, Rroms, Juifs et Hongrois depuis plusieurs siècles. Dans ces années 1980, la Roumanie communiste vit au rythme des coupures d’électricité et des pénuries en tous genres. Apogée de l’Âge d’or du régime (d’après la pompe de la propagande), cette période est également marquée par un contrôle total de la population opéré par la redoutable Securitate.
C’est pourtant ce quotidien lourd et pesant que le petit Milan et sa bande de haïdouks, ses voisins d’immeuble fascinés par ces légendaires bandits de grand chemin des Balkans auxquels une prestigieuse équipe de football yougoslave emprunte le nom, s’emploient à illuminer par leur imagination et leur intrépidité. D’épiques parties de football sur un terrain vague aux ardentes rivalités avec les adolescents d’autres quartiers en passant par le marché noir avec les vendeurs yougoslaves, ils n’aiment rien tant que de jouer au chat et à la souris avec les serviteurs zélés du pouvoir et de composer avec les interdits absurdes par mille et une facéties. Derniers élans d’insouciance de l’enfance avant les premiers soubresauts de la révolution de 1989 qui partira de Timișoara et endeuillera les haïdouks.
Tableau de la vie de tous les jours d’une grande ville roumaine à l’époque communiste, ce texte propose aussi la découverte d’une région du Banat nostalgique de son multiculturalisme d’antan. Le documentaire Haiducii din Calea Girocului [Les haïdouks de Calea Girocului] des réalisatrices serbes Milica Stojanov et Dorela Iencea, projeté en avant-première au cinéma « Victoria » de Timișoara en décembre 2025 et sous-titré en français en vue de sa diffusion en France, est une adaptation de l’histoire de Milan Radin.